Lors de la conquête de l’Ouest aux Etats-Unis, quand deux cow-boys avaient un problème, ils réglaient ça assez facilement. Face-à-face, le colt à la ceinture, dans la rue principale de la ville. Tout était désert, les gens restaient enfermés chez eux et seuls quelques buissons d’épines venaient s’interposer entre les deux adversaires. C’était ensuite à celui qui tirerait le plus vite et surtout qui serait le plus précis. C’était barbare mais cela avait au moins le mérite d’être franc et pour le moins radical.

Aujourd’hui heureusement, la société a évolué et les gens ne s’entre-tuent plus au moindre problème. Il y a d’ailleurs de moins en moins de confrontations directes, la plupart des clashs entre politiques ont lieu par médias interposés, il ne subsiste malheureusement que très peu de véritables endroits de débat. Grâce à l’avènement d’Internet, les Monsieur Tout-le-Monde et autres Madame Michu ont maintenant l’occasion de singer leurs représentants. On peut sur Facebook mais surtout Twitter débattre avec n’importe qui sur n’importe quoi. La confrontation, une nouvelle fois, n’est pas vraiment directe, chacun étant caché bien au chaud derrière son écran. Mais les réseaux sociaux permettent malgré tout d’avoir de vrais débats, encore faut-il ne pas fuir ces derniers.

Je m’en suis pris aujourd’hui sur Twitter à Lor’Actu et à l’un des articles qu’ils avaient tweeté :

Le tweet à l’origine de l’affaire (Photo : DR)

L’attaque est avant tout provoc’ et sans aucune argumentation. J’espère que l’on me le pardonnera, il est parfois difficile d’argumenter en 140 signes (surtout quand il s’agit de lister les défauts de Lor’Actu). Mais cette attaque gratuite était là aussi pour faire réagir les journalistes de Lor’Actu quitte à créer un tweet-clash.

On peut trouver prétentieux de ma part de critiquer ainsi un média établi alors que je ne suis qu’un étudiant en journalisme qui finit à peine ses études. C’est vrai, sauf que Lor’Actu n’est pas un média comme les autres. Lor’Actu est, selon ses mentions légales, une association dont le directeur de publication est Nicolas Zaugra, un gosse de 17 ans (du moins si j’en crois cet article) qui joue au journaliste. Loin de moi l’idée de les critiquer sur ce point. Au contraire j’approuve à 100 % une telle initiative, les médias locaux manquent cruellement sur le Net. J’ai même un certain respect pour Nicolas car je n’aurais jamais osé me lancer dans une telle aventure à son âge. Seulement cela n’empêche de garder un esprit critique, et de dire clairement quand c’est le cas, qu’un article est merdique (je n’ai moi-même pas été épargné récemment).

Cette mise au point faite, reprenons notre affaire. Après mon tweet, aucune réaction de la part de Lor’Actu ou de Nicolas Zaugra, ou presque. Car l’un de mes amis sur Facebook m’a fait parvenir ceci (la photo n’est pas très bonne mais je n’ai rien d’autre) :

Nicolas Zaugra contre-attaque, mais dans son coin. (Photo : AR, sûrement un frère de DR)

Je parlais tout à l’heure de confrontation indirecte, Nicolas Zaugra a inventé la confrontation « chacun dans son coin » : il me répond, mais à l’abri derrière son Mur Facebook, avec ceux qu’il considère comme ses amis, pour être sûr que je ne vienne pas l’embêter. Le tweet-clash n’aura donc pas lieu. C’est une vision assez étrange du débat, d’autant que ses arguments ne sont pas mauvais. Mais vous allez le voir, Nico a aussi une vision étrange du journalisme et de la déontologie.

J’aurais pu faire pareil que lui et le critiquer avec mes propres amis Facebook, mais soyons honnête cela n’a aucun intérêt. C’est pour cela que j’ai pris le clavier et ressuscité ce blog. Bien sûr que Lor’Actu a raison de faire un article sur le sujet, il concerne et intéresse des milliers de personnes. Bien sûr que je ne suis pas dispensé de produire des déchets. Mais le problème vient de l’importance que donne Lor’Actu à un tel sujet. Là où la plupart des journaux aurait réservé un encadré à cette nouvelle, Lor’Actu met en avant, sur Twitter et sur son site, cet article en le gratifiant d’un « Exclusif ». Il n’y a pourtant rien d’exclusif dans une information donnée en conférence de rentrée. Mais c’est une pratique courante chez Lor’Actu d’apposer un « Exclusif » sur des nouvelles données par communiqué ou conférence de presse, comme par exemple avec cet article sur le classement des radios (un classement auquel tout le monde a accès).

Deuxième chose, si j’ai qualifié Lor’Actu de bulletin municipal, c’est parce qu’il ne fait que la com’ de Metz Métropole. Quand on arrive au bout de la lecture des tas de questions restent en suspens : Pourquoi ces conteneurs arrivent si tard ? Combien cela coûte au contribuable ? Comment Metz Métropole compte diminuer de 7 % la production de déchets par habitants d’ici 2014 ? Un lecteur un peu curieux n’en saura rien s’il ne lit que ce communiqué de presse qui ne dit pas son nom et qui n’est certainement pas du journalisme.

Mais Lor’Actu a bien d’autres problèmes qui font que le site est à la presse ce que la cuisine anglaise est à la gastronomie : c’est moche et c’est dégueulasse. Le 1er d’entre eux est que la majorité des articles semblent avoir été écrit par des illettrés. Ce n’est pas flagrant dans le sujet à l’origine du débat (même si l’on peut relever quelques fautes), mais certains papiers du site sont bourrés de tellement de fautes d’orthographes, de formules ridicules et de constructions de phrases hasardeuses qu’ils sont une insulte à la langue française.

On pourrait croire, en lisant ce genre de papier, que Nicolas Zaugra est stupide. Je ne le crois pas car, selon moi, on ne peut pas être stupide ET malhonnête. Or Nicolas Zaugra, et les journalistes de Lor’Actu, sont avant tout malhonnêtes. Ils ont déjà une utilisation abusive du fameux « Droits réservés » ou DR. Ces deux lettres apparaissent très souvent en-dessous des photos de Lor’Actu. Pour ceux qui ne le sauraient pas, DR signifie que l’auteur d’une photo n’est pas connu et que sa rémunération pour avoir publié la photo sur votre site l’attend sagement s’il vient à se faire connaître. Aujourd’hui beaucoup de médias collent un DR sur des photos dont ils n’ont pas cherché la provenance, un photographe ne venant presque jamais réclamer son dû.

Mais Lor’Actu va plus loin. Hier ils ont publié cet article. Le crédit photo est : « Photo : ILLUSTRATION/DR », l’auteur ne serait donc pas connu. Pourtant il n’est pas difficile de retrouver la photo originale, elle vient d’un article du Progrès daté de décembre dernier. La photo est de Rémi Barbe, dont les initiales sont donc RB et non DR, pourtant le crédit de Lor’Actu ne mentionne ni le nom du photographe ni celui du Progrès. Un sérieux manque de déontologie de la part de ces journalistes. [NDR : Depuis Rémi Barbe a fait valoir ses droits et sa photo a été remplacée]

Mais qui se cache derrière ce fameux DR ? (Capture d’écran de Lor’Actu. Photo : Rémi Barbe qui j’espère m’excusera de lui avoir « piqué » sans autorisation cette photo pour le défendre.

Mais Lor’Actu ne s’arrête pas là, selon certains journalistes ils plagient régulièrement des articles. Leur réputation n’est d’ailleurs plus à faire dans les différentes rédactions messines, notamment au Républicain Lorrain. Mais étant donné que je n’ai plus d’exemples sous la main, disons que ce ne sont que des rumeurs de concurrents jaloux, les gens sont si malveillants de nos jours

Quand on évoque tout cela à Nicolas Zaugra sur Twitter, il répond mollement, quand il daigne répondre, que ce n’est que de la méchanceté et que l’on n’est tout simplement pas d’accord avec leur ligne éditoriale. C’est sans doute l’une des plus belles conneries que j’ai pu entendre alors je voudrais pour terminer, le mettre en garde en citant Jean-Paul Belmondo dans Un singe en hiver : « Monsieur [Zaugra], si la connerie n’est pas remboursée par les Assurances sociales, vous finirez sur la paille ».

[EDIT : suite à la parution de cet article, le photographe du Progrès Rémi Barbe a découvert que l’une de ses photos avait été utilisée sans autorisation, elle a depuis été retirée de Lor’Actu, cette longue tribune aura donc servi à quelque chose]