Brigitte Vaisse, 1ère adjointe de Bertrand Mertz le maire de Thionville, dresse à mi-mandat un bilan de son équipe en poste depuis 2008.

Brigitte Vaisse, chargée des Affaires sociales, accorde une grande importance au dialogue avec les associations.

Quel bilan peut-on tirer de l’action de Bertrand Mertz à mi-mandat ?

Ce qu’on voulait faire, c’était gérer la ville rigoureusement et audacieusement. En 2008, les dépenses de Thionville étaient supérieures à la moyenne nationale pour des villes identiques. Il y avait une fiscalité forte, des taux d’imposition plus élevé que la moyenne et une capacité d’autofinancement négative. Nous voulions gérer la ville sans augmenter la pression fiscale, en trouvant de nouveaux financements et en continuant malgré tout à investir. Le deuxième sujet qui nous préoccupait c’était le vivre ensemble avec l’envie de s’inscrire dans le grenelle de l’environnement. On a mis en place une vraie politique de développement durable avec notamment un plan climat.

Quels sont les réalisations liées au vivre ensemble ?

Habiter et vivre ensemble, c’est d’abord le problème du logement. La pression foncière est très importante à Thionville. Nous avons le m2 le plus cher de toute la Lorraine à cause de l’attractivité du Luxembourg. Entre 2008 et 2010, nous avons autorisé la construction de 107 logements individuels HLM et 491 collectifs. Aujourd’hui, il en manque encore 600.

Nous avons aussi mis en place la démocratie participative avec les conseils consultatifs de quartiers. Le but est d’associer les habitants à la gestion municipale de leur quartier. C’est un échange d’information, une réflexion collective qui permet d’enrichir des projets municipaux.

Vous êtes en charge des Affaires sociales, comment cela se concrétise ?

Nous avons créé Utopia, l’Union thionvilloise pour l’optimisation des pratiques inter-associatives, qui réunit et met en réseau associations et organismes. Les associations travaillent en commission sur les grandes priorités que je leur ai données : le logement, l’emploi, l’insertion la santé, la jeunesse et la vie quotidienne.

Etait-il facile de succéder à Jean-Marie Demange ?

Je ne sais pas si c’est facile ou non. Nous arrivions avec un projet et visiblement il a séduit les Thionvillois qui avaient besoin de changement. Au niveau associatif, notre arrivée a été ressentie comme un bol d’air frais, enfin elles allaient pouvoir porter des projets qui n’intéressaient pas la municipalité précédente. Nous les avons écoutés car elles sont légitimes et nous les avons aidés dans leurs projets. Aujourd’hui, on sent la satisfaction des gens.

Mais il y a aussi des mécontents notamment à cause des travaux comme ceux de la Cour des Capucins.

Il y a toujours des gens qui ne seront pas contents. Mais par exemple la Cour des Capucins, c’est un projet Demange. Au début les commerçants trouvaient ça génial et après ils ont vu qu’on ne fait pas d’omelettes sans casser d’œufs. On a essayé d’accompagner au plus près les commerçants directement impactés.

Quelle est votre relation avec l’opposition ?

Nous avons des relations correctes. J’ai un principe, le débat politique c’est un débat d’idées et non de personnes. C’était aussi un des grands chantiers du maire de faire évoluer les conseils municipaux pour que l’on puisse avoir de vrais débats politiques. A l’époque de Jean-Marie Demange, l’opposition n’avait pas la parole. Le fait de les laisser s’exprimer était une volonté de Bertrand Mertz qui avait suffisamment souffert de ce qu’il avait vécu pendant 15 ans avec Monsieur Demange.

Anne Grommerch, député de la Moselle, accuse la municipalité de reprendre à son compte des projets initiés par Jean-Marie Demange. Que répondez-vous à cela ?

Ça c’est le leitmotiv de la municipalité précédente. Anne Grommerch, elle débarque, elle est tombée en politique du fait des circonstances. Après j’admets la critique quand elle est objective et Anne Grommerch avec ce qui circule… (ndr : selon Mediapart cinq villes de sa circonscription auraient touchés des subventions du ministère de l’Intérieur sans raisons valables). L’UMP veut tout faire pour que la circonscription reste à droite, au-delà des moyens traditionnels dont peut bénéficier n’importe quel député. Nous avons amené une autre façon de faire de la politique et ce n’est pas ce qui se faisait avant. C’est ce que nos concitoyens remarquent et ce qu’ils n’ont plus envie de voir revenir à Thionville.

Publicités