Dans un contexte économique actuel, difficile pour un libraire indépendant de survivre. A Metz, François Carré, propriétaire de la librairie graphique Au Carré des Bulles tente de résister face à la crise de sa profession.

Si pour beaucoup les libraires indépendants sont au fond du trou, François Carré tente de lutter contre la crise en proposant une librairie différente

La librairie graphique Au Carré des Bulles, avec son style moderne, tente de dépoussiérer l’image du bouquiniste de quartier. Le propriétaire, François Carré, a fait le pari de proposer des bandes dessinées alternatives, une offre différente de son principal concurrent à Metz : Hisler BD.

Mais même avec un positionnement original, la vie d’un libraire n’est pas facile. La librairie est le commerce où les marges sont les plus faibles. Selon une étude de l’institut Xerfi, malgré une hausse des achats de livres, le chiffre d’affaire des libraires a reculé de 5,4 % entre 2003 et 2010. Cette crise menace les libraires indépendants comme l’explique un article de Télérama. Ces librairies, longtemps protégées par la loi Lang de 1981 sur le prix unique du livre, sont en train de disparaître.

Une situation économique compliquée

Dans une lettre ouverte parue dans Libération, un libraire, Denis Bénévent, interpelle les éditeurs sur le sort des petites librairies. La crise qu’elles connaissent a plusieurs causes. La relation avec les éditeurs parfois difficiles, la concurrence d’Internet et des grandes surfaces spécialisées (GSS) comme Fnac et la montée du livre numérique. Mais pour Hubert Guillaud, rédacteur en chef d’InternetActu.net et auteur du blog La feuille, la situation est plus compliquée. « Le problème c’est la chaîne économique qui étrangle les libraires. Ils ont mal compris les changements des consommateurs. Aujourd’hui les gros lecteurs ne consomment pas que des livres, ils ont une pratique culturelle plus diversifiée et achètent des CD ou des DVD. Or en librairie on ne trouve que des livres ». Enfin la hausse de la TVA de 5,5 à 7 %, votée le 30 novembre risque d’aggraver la situation.

Mais l’avenir n’est pas complètement noir pour le Carré des Bulles. Sur les trois dernières années, le chiffre d’affaire a constamment augmenté passant de 100 000 à 150 000 euros. Cette année, il devrait stagner malgré une hausse du nombre de ses clients. François Carré a compris les attentes des lecteurs. « Une librairie ne doit pas être un lieu de stockage, il faut créer des évènements. Je fais par exemple des apéros graphiques où les gens viennent dessiner sur un thème imposé autour d’un pastaga. Cela ramène de nouveaux clients, les gens s’arrêtent pour regarder les résultats affichés sur la vitrine », explique-t-il. L’idée est donc d’offrir aux clients autres choses que des livres, ce qui peut permettre au Carré des Bulles d’affronter la crise. Certaines librairies indépendantes marchent d’ailleurs très bien, c’est le cas du Bleuet qui d’une petite librairie de Provence est devenue la 7ème de France.

Publicités