Aider les familles à enterrer leurs proches. C’est la tâche quotidienne de Monique Goenner, assistante funéraire à Metz. Elle revient sur un métier difficile et méconnu que beaucoup ne voudraient pas exercer.

De l’extérieur on pourrait croire à un fleuriste, si l’enseigne au-dessus n’indiquait pas : Pompes funèbres. A peine la porte franchie, une ambiance particulière se fait ressentir. Cette atmosphère, Monique Goenner la connaît bien. Elle est assistante funéraire depuis 7 ans aux pompes funèbres Leclerc à Metz. Son rôle est d’accompagner les personnes qui viennent de perdre un proche dans les démarches auxquelles elles doivent faire face. « Je suis là pour accueillir les familles et préparer les obsèques avec elles. Il y a de nombreux intervenants selon la situation », explique-t-elle. Police, crématorium pour les incinérations, marbrier pour ceux préférant l’inhumation et bien sûr les mairies qui s’occupent des cimetières. Pas facile de s’y retrouver, en particulier en période de deuil.

Assistant funéraire n’est pas un métier que l’on fait par défaut, même si Monique y est arrivée un peu par hasard. « Avant je travaillais dans une entreprise de transport du groupe PPR », se souvient-elle. « J’étais souvent sur les routes mais j’ai arrêté car je pensais en avoir fait le tour. J’ai alors trouvé cette place en lisant les petites annonces ». Elle n’a pas fait d’études spécifiques pour exercer sa profession actuelle mais elle a dû suivre une formation payée par son employeur. « J’ai appris toute la législation concernant la profession et j’ai eu quelques cours de psychologie ». Aujourd’hui, elle semble s’épanouir dans son travail. « J’avais un besoin de reconnaissance que je ne trouvais dans mon précédent emploi et que j’ai maintenant grâce aux familles qui viennent me voir. »

Guider les clients sans choisir pour eux

Dans son petit bureau, entourée de modèles de plaques funéraires, Monique précise qu’elle exerce avant tout un métier de contact. « La première des qualités, c’est de faire preuve d’empathie mais aussi de s’avoir s’adapter et surtout d’aimer les gens ». Son but, c’est d’aider ses clients à trouver ce qu’il leur convient le mieux. Si certains savent exactement ce qu’ils veulent, d’autres sont plus indécis. Il faut savoir les guider sans choisir pour eux.  « Ils sont en état de faiblesse. Et je ne veux pas l’utiliser en les poussant à prendre ce qu’il y a de plus cher. D’autant que s’ils repartent avec l’impression d’avoir été abusé, c’est une mauvaise pub pour nous. »

Côtoyer des familles en deuil toute la journée n’est pas toujours facile. « On encaisse une grande pression », admet Monique. Elle reconnaît que parfois, elle a voulu arrêter. « Le plus dur, c’est qu’on n’a pas le droit à l’erreur. Pour obtenir des réductions, de plus en plus de clients cherchent la faute. Par exemple, ils viennent râler parce que  le nom de leur proche est mal écrit dans le Répu. » Mais elle ne croit pas que son travail est plus difficile qu’un autre et l’exerce avec plaisir.

Passer 7 ans dans une entreprise de pompes funèbres change le rapport à la mort. « On prend conscience que cela ne concerne pas que les personnes âgées, que l’on peut partir du jour au lendemain », indique Monique. « Mais je n’ai pas peur de la mort. Je me concentre sur la vie, c’est le plus important. »

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