A l’approche de l’élection présidentielle, il est temps pour les derniers retardataires de s’inscrire sur les listes électorales. Pour cela, la mairie de Metz a décidé d’organiser une grande campagne de communication.

Image1

A Metz, la municipalité a décidé de s’occuper du problème de l’abstention

Près de la colonne Merten, jeudi 15 décembre, les passants peuvent s’arrêter pour boire un peu de soupe. Ce ne sont pas les Restos du cœur qui ont décidé de s’installer place de la République mais seulement la première étape de la nouvelle campagne de communication de la ville de Metz.

Des soupes et un vote

Organisée par la fédération des MJC (Maisons des jeunes et de la culture), cette « soupe (d’éducation) populaire » est là pour inciter les gens à s’inscrire sur les listes électorales. « Tout le monde peut goûter nos différentes soupes et voter pour la meilleure », explique Brigitte Thomas, chargée du suivi des MJC du secteur messin. « Il faut seulement qu’ils présentent leur carte d’électeur ».

Pour ceux qui ne l’ont pas, les services de la ville sont présents pour réaliser les inscriptions. Depuis plusieurs jours des affiches intitulées « Ne restez pas sans voix », rappellent d’ailleurs que pour pouvoir voter à l’élection présidentielle de 2012, il faut s’inscrire à la mairie avant le 31 décembre.

Lutter contre l’abstention

« Le vote est un droit mais il n’est pas obligatoire en vertu du respect de la liberté d’expression et il n’y a pas de vérification », rappelle Patricia Sallusti, adjointe déléguée à la Citoyenneté. « Nous voulons compléter la communication institutionnelle de l’Etat », continue-t-elle. C’est pour lutter contre l’abstention que la mairie a organisé cette « campagne démultipliée » avec plusieurs partenaires.

En plus de la fédération des MJC, trois autres associations, le CRI-BIJ (Centre de renseignement et d’information – Bureau information jeunesse), l’ANACEJ(Association nationale des conseils d’enfants et de jeunes) et la Ligue française de défense des droits de l’Homme sont également présentes. Chacune organise des actions afin d’inciter les gens à s’inscrire sur les listes.

Une des régions qui vote le moins

Image2Il faut dire que Metz et sa région ont bien besoin d’une campagne de ce genre. « Nous sommes malheureusement dans une des régions qui vote le moins en France » déplore Thomas Scuderi, adjoint délégué à la jeunesse de la Ville de Metz. Traditionnellement, le quart Nord-Est du pays se déplace peu lors des élections.

En 2007, selon l’INSEE, 48,5 % des Lorrains seulement avaient voté à la fois à l’élection présidentielle et aux législatives qui ont suivi. La Lorraine occupait alors la troisième position, après l’Ile-de-France et l’Alsace, dans le classement des régions qui votent le moins.

L’importance des jeunes

Pour remédier au problème, la municipalité (majorité comme opposition) et les associations ont donc décidé de se mobiliser. Et les premiers visés par la campagne de sensibilisation sont les jeunes.

Des actions sont mises en place spécifiquement pour lutter contre l’abstention des jeunes électeurs. Selon Thomas Scuderi, les jeunes prennent parfois le devoir électoral avec légèreté. « Le vote est un droit, mais aussi un devoir. Des gens se battent pour cela, il est impératif que les jeunes aient conscience de cela. » Il précise néanmoins qu’il ne s’agit pas de stigmatiser cette tranche d’âge, mais de faire comprendre l’importance de ce droit fondamental.

Virginie Morales La Mura, directrice du CRI-BIJ, invite les jeunes à « prendre la parole pour exister dans le monde d’aujourd’hui et de demain ». « Je vote donc je suis », est le leitmotiv de la campagne lancée par le centre, il reprend la célèbre maxime cartésienne. Les jeunes Messins ont rendez-vous avec le devoir citoyen.

Image3

Ecrit avec Florian Perrin et Jules Rigobert

Publicités