Le décès du maire d’Amnéville-Malancourt, Jean Kiffer, entraîne des élections partielles dont le premier tour a lieu dimanche 16 octobre. Cinq listes se sont présentées dont celle de Danielle Calcari-Jean, Osez la gauche pour votre ville. Après les 47 ans de mandat de Jean Kiffer, elle espère reprendre Amnéville à la droite.

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Danielle Calcari-Jean estime qu’il est temps qu’Amnéville connaisse un réel changement

Elle a décidé d’oser la gauche. Devant l’école Jules Ferry de Malancourt, Danielle Calcari-Jean, 49 ans, et quatre de ses colistiers, tracts en main, sont en pleine campagne. Suite à la disparition du maire d’Amnéville, le Docteur Jean Kiffer, des élections municipales partielles sont organisées. Cinq listes sont en compétition, un record après le règne sans partage du Docteur Kiffer. Seule candidate de gauche, cette responsable d’établissement pour personnes âgées est persuadée qu’elle peut gagner malgré une mairie à droite depuis plus de 40 ans. « Je suis convaincue que les habitants sont en attente d’un réel changement », explique-t-elle. Mais sa liste ne prône pas la révolution pour autant. « Nous sommes une gauche pondérée, ce n’est pas une gauche révolutionnaire, nous ne sommes pas là pour tout casser ».

« Il ne faut pas oublier que les habitants d’Amnéville, pour la majorité, sont en deuil. Pour eux, il y a un manque de respect envers l’homme qu’il était », explique Danielle Calcari-Jean à propos de la division de la droite. En effet, sur les cinq candidats en course, trois veulent s’inscrire dans l’héritage de Jean Kiffer. Laurent Fanzel, le favori de l’élection et candidat officiel du clan Kiffer, se présente face à la maire par intérim et ancienne 1ère adjointe, Doris Belloni. S’estimant tous les deux légitimes pour reprendre la mairie, ils ont constitué deux listes distinctes qui affaiblissent la majorité en place. De plus, une liste menée par Anne Haas-Klein, qui a également été au conseil municipal, se réclame aussi de l’ancien maire. Cette scission de la droite est pour Danielle Calcari-Jean une chance de faire basculer la mairie à gauche. Si les électeurs la suivent, elle a plusieurs projets pour Amnéville.

Une volonté de retour à la démocratie

« Un homme visionnaire, débordant d’idées qu’il a concrétisées », c’est ainsi que Danièle Calcari-Jean rend hommage au défunt maire d’Amnéville. « J’ai un grand respect pour ce qu’il a fait de la commune. Son plus bel héritage, c’est le centre de loisirs » poursuit la candidate.

Mais l’éloge tourne court. Même si la tête de liste de gauche exprime un  « grand respect » pour les actions entreprises par Jean Kiffer, notamment en matière  de développement économique et de reconnaissance de la ville dans toute la France, l’attaque porte sur l’homme : « il lui manquait l’essentiel : la démocratie (…)  Lui décidait, personne n’osait aller contre lui » dénonce-t-elle.

Calcary__colistiersSon cheval de bataille : la liberté d’expression des Amnévillois(es). Elle tire à boulet rouge sur les méthodes du clan Kiffer: « Les gens ont tellement été bâillonnés. Ils ne pouvaient pas s’exprimer. Une caste, une élite proche de Monsieur Kiffer qui avait tous les droits et qui pouvait bénéficier de tous les avantages, mais au-delà de ça, personne».

Lorsqu’on lui demande ses priorités si elle était élue, elle répond logiquement: « faire remonter l’information ». La création de comités de quartiers figure parmi ses propositions « phares » pour recueillir les attentes des citoyens. Dans la même veine, d’autres propositions apparaissent sur son programme : lancement d’un questionnaire pour connaître les besoins des jeunes, diffusion sur internet des comptes-rendus des réunions du conseil municipal, désignation d’un coordinateur mandaté auprès des personnes âgées et des personnes handicapées,…

Une politique municipale transparente et axée sur le social

Outre des mesures instaurant un retour à la démocratie, l’un des principaux thèmes du programme de la candidate est la transparence. Ce terme semble être le mot-clé de cette campagne, d’ailleurs deux listes présentées sur les cinq l’ont inscrit dans leur intitulé : Unis pour la transparence de Doris Belloni et Transparence d’Anne Klein. Pour Danielle Calcari-Jean, la clarté s’illustre dans tous les domaines, notamment dans celui des finances.

Danielle Calcari-Jean reconnaît que sans une parfaite connaissance de la situation financière de la commune, il lui est difficile de savoir concrètement quand elle pourra mettre en place les changements qu’elle propose aux Amnévillois. Elle exprime très clairement une volonté de transparence et déplore le manque d’information. Comme plusieurs de ses concurrents, elle promet un audit sur les finances communales.

CalcaryIl est pour l’instant difficile de se rendre compte de la gestion des finances municipales selon elle : « Aujourd’hui on a aucune connaissance des comptes. (…) Quel est le montant de l’endettement ? Celui des emprunts ? Où en est-on en termes de remboursement ? » Hors, comme Danielle Calcari-Jean le souligne, Amnéville dispose d’atouts financiers de grande importance comme le centre de loisirs et le pôle thermal. Comment cette manne financière est utilisée ? Difficile de répondre à cette question pour l’instant mais la candidate de gauche sait déjà ce qu’elle en ferait.

Des améliorations des prestations sociales et une aide aux associations de la ville sont au programme de la liste Osez la gauche pour votre ville. Un accès facilité à la culture et aux loisirs est également préconisé par Danielle Calcari-Jean. Toutes ces mesures d’aides sont accompagnées par la promesse de non augmentation des taxes d’habitations, celle-ci est formulée par tous les candidats.

Audits, taxes qui n’augmenteront pas, transparence politique et financière… Il ne semble pas évident de se démarquer dans cette campagne. Mais la candidate de gauche sort sa carte écologique et se démarque nettement de ses concurrents. Elle parle aux Amnévillois de tri, de rencontre avec des entreprises pour évoquer la pollution sous toutes ses formes, d’aménagements d’espaces verts… La candidate s’adapte pour proposer ses idées mais pas facile de défendre un tel programme dans une ville qui a connu plus de quarante-cinq ans de gouvernance à droite.

Ecrit avec Kévin Lamblé et Jules Rigobert

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